mardi 29 janvier 2013

Mais jusqu’où le voyage de Louis Vuitton nous mènera…


Retour sur l’historique de la marque :

Louis Vuitton est créée en 1854. A cette époque, la marque et ne fabrique que des malles, malles de plus en plus sophistiquées et innovantes. Elle déploie sur un demi-siècle tout son savoir-faire artisanal.
La marque lance ses premières gammes de maroquinerie en 1901, élargissant son savoir-faire malletier à des produits utilisant les mêmes techniques de fabrication et les mêmes matières. Louis Vuitton reprend la même toile, en créant des produits plus pratiques.
Le discours de la marque Louis Vuitton est alors le suivant : celui d’un savoir-faire malletier exceptionnel : «  Un nécessaire de voyage… avec la maîtrise incontesté de maître maroquinier ».
A partir de 1983, Louis Vuitton introduit un second discours : celui de « l’âme du voyage ». Des visuels de voyages, de transports pour aller à l’aventure sont mis en avant dans les nouvelles campagnes publicitaires. On y voit notamment des rochers, de la neige, des montagnes… démontrant aussi la résistance des produits.
A partir de 1994, Louis Vuitton va progressivement développer son territoire, en lançant notamment une collection littéraire « Voyage avec… ». Parallèlement, le discours de la marque sur « l’âme du voyage » se renforce. La marque montre dans ces publicités des moyens de transport, relativement anciens, renforçant part là même l’ancrage de son savoir-faire dans le temps.
En 1997, l’élargissement du territoire de la marque s’effectue cette fois-ci via les stylos.
En 1998, Louis Vuitton lance  les carnets de voyage ainsi que sa première collection de prêt-à-porter.
De façon simultanée, le discours de la marque sur le voyage mais aussi sur le savoir-faire est déployé et se renforce au travers des campagnes publicitaires.
En 1999, la marque au monogramme introduit ses premiers guides touristiques.
En 2001, l’élargissement du territoire de Louis Vuitton se poursuit via les bijoux fantaisies où sont représentés des éléments figuratifs liés au voyage (Tour Eiffel, Avion, bagages…).
A cette même période, le discours sur le voyage et les voyageurs est renforcé et modernisé, avec la représentation des villes modernes comme New York dans les publicités. « L’âme du voyage » n’est plus notifiée sur les publicités mais les codes visuels qui y sont liés restent très présents (comme les mises en mouvement et les déplacements).
En 2002, Louis Vuitton lance sa première collection de montres ; les montres sont faites pour gérer le temps, ne pas arriver en retard à l’aéroport ou à la gare.
Dans les publicités de l’époque, deux discours de la marque sont exposés : le savoir-faire avec des affiches où seul le produit est mis en avant en gros plan avec un personnage et le voyage est surexposé via la représentation des paysages, des voyages dans les songes ou des éléments figuratifs de vacances (la piscine, le train, les mises en scène de déplacement).
Louis Vuitton lance en 2004 sa collection de joaillerie, suite à l’introduction des montres.
En 2005, Louis Vuitton lance sa collection de lunettes de soleil.
…

En cette année 2013, Louis Vuitton s’apprête à ouvrir sa première papeterie « L’écriture est un voyage ». Installée au cœur de Saint-Germain à Paris, la marque monogrammée ouvrira dans quelques mois une boutique dédiée aux instruments d’écriture, aux cahiers et carnets de voyage, aux encriers précieux, aux enveloppes à doublures monogrammées… Entre visibilité, innovation et cohérence de son discours, Louis Vuitton renforce sa position dans le monde des grands. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, Louis Vuitton sait nous étonner et imposer le respect de sa puissance. Si l’objectif n’est pas de développer un nouveau levier de croissance de son chiffre d’affaires, l’idée sous-jacente est davantage d’accroître sa résonnance dans le luxe et s’assoir sa force et son éclat.

La question qui nous vient alors à l'esprit est la suivante:
Dans quel voyage Louis Vuitton va-t-elle encore nous emmener?
Cette stratégie du « toujours plus » génère une curiosité et une attente…

Et même si tout semble possible pour cette marque partie de la fabrication de malles, nous avons hâte d’être de nouveau surpris par son audace et sa cohérence…

lundi 15 octobre 2012

Quand la tradition Baccarat se lance dans le e-commerce


Baccarat est une manufacture de cristal créée en 1764, dans la ville même de Baccarat. Dans une maîtrise total du cristal, la marque conjugue, avec passion et tradition, la qualité des objets, les jeux de lumière et de transparence, l’art et l’artistique.
A travers ces collections d’objets de décoration, d’art de la table et de bijoux, Baccarat travaille sur la création et le développement de nouvelles techniques manuelles d’exception.

Dans ce monde de subtilités, de précision et de tradition manufacturière, Baccarat se lance maintenant dans la vente en ligne. Depuis quelques jours, la cristallerie a franchi un pas auquel beaucoup de marques de luxe pensent, mais qui est rarement franchi.
Il existe en effet encore une certaine résistance à la vente des marques de luxe sur Internet. L’e-commerce représente à la fois une opportunité, un développement inévitable et une menace pour les marques de luxe. Entre accroissement de l’accessibilité et risque de perte de contrôle, entre vitrine virtuelle attractive et banalisation, il est parfois complexe pour les marques de luxe de se lancer dans le e-commerce. Celles-ci s’y insèrent souvent sans connaître les réelles risques mais en espérant y trouver tous ses avantages.

Pour rentrer dans ce mode du commerce en ligne, Baccarat a donc appel à eCommera, le fournisseur expert en matière de transactions intelligentes en commerce électronique pour développer et lancer son site e-commerce en France. Par ailleurs, ce site sera déployé d’ici l’automne prochain en Europe (Allemagne, Royaume-Uni, Italie), en Chine et au Japon.


Reste à savoir comment les clients de la marque percevront cette évolution de Baccarat mais également comment les non clients considèreront ou non Baccarat…


A retrouver et expérimenter sur www.baccarat.fr

lundi 4 juin 2012

Mauboussin : et si le « non luxe » descendait dans la rue ?


La marque de Joaillerie Mauboussin, créée en 1827, s’installe sur la place Vendôme en 1955.  Jusqu’au rachat de la Maison en 2002, la marque essaie d’être créative et d’arborer le raffinement et l’exigence de qualité que toute marque de luxe se doit d’avoir.
Se voyant dans une position délicate face aux grands joailliers de la Place Vendôme et dans une situation financière périlleuse, les nouveaux dirigeants de Mauboussin décident de prendre un nouveau virage. La stratégie définie : devenir plus accessible et l’afficher clairement.
Et Mauboussin assume sa position : depuis 2004, ses publicités indiquent le prix des produits. 890 euros pour une montre ; 3990 euros pour une bague…
La marque se lance aussi dans de nouvelles pratiques de gestion. Les objectifs changent et s’éloignent des grandes définitions de ce qu’est le luxe où les effets de rareté et les images de sélectivité prédominent.
En 2005, la marque lance un solitaire "grand public" avec un diamant dont la qualité ne correspondait pas aux standards de la haute joaillerie. 2007, Mauboussin lance une première campagne de communication à la télévision et en 2008, les affiches Mauboussin descendent dans le métro parisien.
En 2010, Mauboussin se lance dans la vente en ligne de ses produits.

Aujourd’hui, Mauboussin poursuite sa stratégie et va plus loin en s’associant à la Renault Twingo dans une édition limité.
La Série Limitée Twingo Mauboussin s’inspire très largement des codes stylistiques incarnant la nouvelle identité du design de Renault : sur le capot, le logo de la marque a été agrandi et sensiblement verticalisé, sur un fond noir qui le met en valeur. À l’intérieur, selleries spécifiques, aérateurs et boutons de commande de climatisation brun tourmaline, sur-tapis inédits viennent souligner le caractère élégant du véhicule.
 Ultime et précieuse attention : une montre pendentif Mauboussin en argent baptisée « 1960, je t’aime », sera remise à chaque client de la Série Limitée Twingo Mauboussin.


Avec son slogan « Le luxe descend dans la rue », Mauboussin se définit de nouveau comme appartenant au secteur du luxe. 



Mais les consommateurs perçoivent-ils encore Mauboussin comme une marque de luxe alors que celle-ci développe depuis une dizaine d’année des stratégies de démocratisation qu’elle assumait en tout point de vue ?

Au delà de la question de la cohérence de cette alliance de marques, la principale question ne serait-elle pas de savoir si toute marque peut s’autoproclamer « Marque de luxe » sans pour autant l’être ?